7 règles pour réussir la composition de ses photos sur smartphone (Part 1)

By Clement 1 année agoNo Comments

7 règles pour réussir la composition de ses photos sur smartphone (Part 1)

Posté le 23/11/15 par Clement

Quand on prend une photographie, le sujet n’est pas la seule chose qui compte. Un sujet à priori très intéressant ne vous fera même pas lever un sourcil si la photo est mal prise. La véritable valeur d’un photographe se révèle dans sa manière de prendre la photo, sa manière de la composer.

Et cela compte encore plus sur smartphone. Car, comme je le disais dans le tout premier article de ce blog, vous ne pourrez pas vous différencier par le choix de votre téléphone. Les “photophones” existent, nous les présenterons. Mais les différences de qualité d’objectif  restent minimes d’un smartphone à l’autre à budget équivalent.

Et la composition fera la différence. Donc on va en parler. En long, en large et en travers. Mais vous allez découvrir ici et maintenant, 3 point à maîtriser pour devenir un as de la composition.  Lundi prochain, on présentera 4 points complémentaires, d’où le Part 1 dans le titre. 

 

1. Le smartphone pousse à privilégier des photos simples

 

Simple. Simple Simple. Trois fois. Avant de déclencher votre mitraillette à photo, vous devez être certains de prendre une photo simple. Et par simple, j’entends facile à lire et à interpréter une fois qu’on la regarde.

Pour cela, il faut limiter le nombre d’éléments qu’on fait rentrer dans le cadre.

Pourquoi ? Pour que le spectateur sache ce qu’il doit regarder.

Mise en situation :

Halloween. La soirée est sympa, les petits fours ont miraculeusement disparu avant votre arrivée. Les gens sont assez mal déguisés mais “c’est l’intention qui compte” et surtout, ça vous arrange parce que vous êtes pas forcément mieux déguisé qu’eux. Sur la table de la cuisine, une citrouille en plastique. Cool. Ça s’annonce bien. Et vous ne voyez pas encore le rapport avec la composition.

Vous commencez à siroter un cocktail quand soudain, une connaissance passe la porte d’entrée. Et la première chose qui vous frappe, c’est son costume de batman. TROP. BIEN. FAIT. La personne vous rejoint dans la cuisine et vous bloquez tellement sur ce costume cool que vous décidez de prendre une photo. Vous lui demandez si c’est possible. Flatté(e), la connaissance accepte. Vous sortez votre téléphone et là deux options s’offrent à vous :

  • A : Sur la photo, votre ami(e) en costume de batman, bien droit, le torse bombé et les bras croisés pour faire comme batman. Rien d’autre.
  • B : Sur la photo, votre ami(e) en costume de batman, la table de la cuisine avec la citrouille en plastique, un morceau du luminaire et la machine à café.

Ne choisissez pas l’option B. Jamais. Sauf si votre survie en dépend. Sinon voilà ce que ça donne : 

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On ne sait pas ce que l’on doit regarder. En plus cette photo n’a rien à voir avec Halloween.

Plus il y a d’éléments dans le cadre, plus il sera compliqué pour l’oeil de trouver de l’harmonie dans l’image. En limitant le nombre d’éléments dans votre composition, vous forcez la concentration sur son sujet. Le cerveau saisit ce qu’il doit apprécier sur votre photo et la magie opère.

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Oui, c’est exact, le lion est bien le sujet de cette photo.

Bref, on limite le nombre d’éléments dans le cadre. Ça vous simplifie la vie. Ça simplifie la vie des gens qui regarderont votre photo. Tout le monde est content.

 

2. La règle des tiers


Comment mettre en valeur l’élément dans votre cadre ? Le premier réflexe est, et sera souvent de mettre le sujet au milieu de la photo !

En fait, à moins d’être particulièrement sensible à l’art de la phonéographie cela sera même toujours le cas !

Erreur… grossière erreur. Ça ne plait pas à notre cerveau. Non, le cerveau, lui, il préfère la règle des tiers.

La règle des tiers : d’où ca vient ?

Oh ben c’est un principe tout le bête avec lequel tout le monde semble d’accord et…. STOP !

La règle des tiers, c’est un truc qui a été instauré pendant la Renaissance. Par des types qui n’avaient ni instagram, ni l’électricité, ni la photo. Mais des pinceaux.

Parce qu’on en parle pas assez, mais les peintres de la Renaissance étaient un peu gavés de devoir reproduire des 2×3 mètres de Machine, maîtresse de Bidule toute l’année. Ils avaient besoin, comme tous les artistes, de s’évader. Mais ils n’avaient pas internet ET obligation de peindre Machine pour que Bidule les héberge et fasse leur promotion sur tout le territoire. 

Donc ils ont commencé à expliquer les choses de la manière suivante à Bidule :

“Bidule, si jamais on peint Machine sur, admettons, juste ⅓ du tableau, tu vas être ravi. Ah mais si ! Parce que sur les deux autres tiers on met un paysage. On met une histoire même. Et puis de toute façon, nous on le sait. Notre oeil, il se fige pas sur une image, il se balade. Eh ben nous, on va le faire promener sur un joli petit chemin avec plein de fleurs gigantesques qui amènent l’oeil à Machine en premier plan. Mais juste sur ⅓.”

Voilà comment les peintres de l’époque gagnèrent deux tiers de liberté, firent accepter l’hypothèse de l’oeil qui se balade sur le tableau et instaurèrent une règle qui allait leur succéder jusqu’à l’ère des chats sur internet, des smartphones et de la phonéographie.

Une grande victoire que les livres d’Histoire ne mentionnent pas. Bon, en vrai, ça ne s’est pas exactement passé comme ça, j’ai omis quelques détails. Mais parce que je compte bien consacrer un article entier à cette histoire.

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Sur cette peinture d’Andrea Mantegna, l’arbre au premier plan est positionné coupe la peinture en suivant les proportions 1/3-2/3. Le personnage principal agenouillé rentre dans un seul carré. Sa jambe épouse deux lignes qui viennent se rencontrer au niveau de son genou. Sa tête est située sur une ligne également.

La règle des tiers : Qu’est-ce que c’est ? Comment ça marche ?

Derrière ce nom réside un principe simple. Il suffit d’imaginer que l’on découpe en l’écran en 9 carrés identiques. Donc en trois sur la verticale et en trois sur l’horizontale, de manière à découper l’image en tiers. Ils ne se sont pas plus foulé que ça pour le nom. La règle du morpion, la règle du hashtag, la règle des 9 carrés égaux. Ils avaient le choix quand même !

Dans les faits, c’est une grille qui vient s’appliquer en overlay sur l’écran de votre smartphone et qui ressemble à ça :

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Bref, la théorie dit que si l’on place les points d’intérêt d’une photo le long des lignes des tiers ou à l’intersection des lignes des tiers, la photo sera plus harmonieuse. L’idée est de découper la photo avec un ratio de 1:2 (1 tiers et deux tiers) au lieu de la couper en deux en mettant le sujet à photographier au milieu.

Plus harmonieuse, cela veut aussi dire que les yeux des spectateurs vont naturellement, lors de la première lecture de la photo, regarder les points d’intersection des lignes des tiers. Et forcément, si il y a bien un point focal (un point d’interêt) à cet endroit, ça rend bien !

Mise en situation :

 Si vous prenez une photo de paysage, essayez de placer l’horizon sur une ligne de tiers. La photo sera plus équilibrée !

Si vous souhaitez photographier une personne, essayez de placer son visage sur un point d’intersection de deux lignes de tiers. Cela sera plus harmonieux !

Comment appliquer la règle des tiers ? 

Trois options s’offrent à vous, et je vais les détailler.

Option 1 : La voie des durs

Vous divisez l’écran de votre smartphone en 9 dans votre tête et fin de l’histoire. C’est à la portée de n’importe qui !

PS : dans votre tête seulement, j’insiste, rangez donc ce cutter !

Option 2 : La voie des chanceux

Beaucoup de smartphones ont déjà une grille intégrée dans leur application photo. Vous possédez ce smartphone. Vous bidouillez dans vos options pour activer la thirds grid. C’est gagné. Indice : Si vous possédez un iPhone, vous êtes dans cette catégorie.

Option 3 : La voie des autres

Vous n’êtes ni dur, ni chanceux. Vous êtes donc un autre. Bienvenue à bord. Nous, simples mortels, nous en remettons au Google Play pour trouver l’application gratuite rêvée. Je vous conseille pour ma part Open Camera qui permet d’avoir tout un tas de choses fort utiles dont l’overlay de la règle des tiers.

 

Bingo, vous avez la théorie de la règle des tiers. Maintenant, pratiquez ! Jour et nuit ! Comparez vos anciennes photos et vos nouvelles. Le progrès fait TOUJOURS plaisir.

Si vous la respectez assez longtemps, vous deviendrez un dur et positionnerez par réflexe votre smartphone de manière à ce que la règle des tiers soit appliquée.

Et alors, c’est seulement à ce moment précis, qu’il sera temps pour nous d’apprendre comment ne pas respecter la règle des tiers. Tout en faisant des photos classes. Et surtout on apprendra dans quelles situations le faire ! Les bases de votre style artistique de phonéographe en somme.

Deux photos d’arbres pour illustrer tout ça. L’une respecte la règle des tiers, l’autre non. L’une est harmonieuse, l’autre moins.

SONY DSCPhoto prise par Renate Dodell

martinphoto prise par Martin

 

3. Remplir le cadre avec le sujet

 

Une erreur que font les débutants en photo. Une erreur courante même. Je parle de l’optimisation des espaces dans la composition d’une photo.
Maintenant on est d’accord si vous avez lu le point 1 de cet article, c’est souvent une bonne idée de ne mettre qu’un seul sujet dans votre composition. Mais, on n’a pas discuté de ce qu’il fallait mettre dans le cadre avec ce sujet. La réponse est simple : rien. Ou plutôt, le minimum de choses.

L’espace est positif ou négatif

Le sujet, sur la photo, occupe ce qu’on appelle l’espace positif.

En revanche, tout élément sur la photo autre que le sujet de la photo relève de ce que l’on appelle l’espace négatif. Et l’espace négatif ne doit pas desservir le sujet de la photo. Si l’espace négatif contient des points d’intérêts, cela dessert le sujet (l’espace positif si vous suivez toujours).

L’une des techniques pour remédier à ce problème est de faire la mise au point sur le sujet. De cette manière, l’espace négatif se floute et vient souligner le sujet.

L’autre technique qui marche bien, et que je vous conseille est la suivante :

Essayez d’avoir pour objectif 0% d’espace négatif et 100% d’espace positif. C’est impossible. Sauf si vous photographiez un élément rectangulaire comme une boite de chaussures. Mais, c’est l’idéal vers lequel vous souhaitez tendre.

Illustration de ce qu’il ne faut pas faire :

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Sur cette photo, dont l’objectif est clairement de mettre en valeur la tour Eiffel, tout est raté. La règle des tiers pour commencer. Certains me diront que l’horizon est sur un tiers mais de toute façon, ce n’est pas le propos la règle des tiers !

Parce que là, on a un bel exemple d’espace négatif qui ne sert à rien. Je ne dis pas que les alentours de la tour Eiffel sont moches. Je dis juste qu’ils déconcentrent le spectateur. Il est difficile de comprendre la composition de la photo. On a bien un poil de symétrie au premier plan qui met en valeur la tour Eiffel mais l’arrière plan n’est pas du tout symétrique, donc ça perturbe. 

Illustration de ce qu’il faut faire :

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Celle-là c’est jackpot. On est sur une ligne des tiers. On a fait la mise au point sur le sujet de manière à flouter l’espace négatif. On a fait le maximum pour que le sujet occupe la plus grande partie du cadre possible. La photo est vraiment sympa.

L’exception qui confirme la règle

On peut donner beaucoup plus d’impact au sujet en utilisant beaucoup d’espace négatif. Une grande zone sans intérêt sur la photo permet de renforcer le point focal sur le sujet. Comme dit précédemment, il faut tout de même faire attention à ce que l’espace négatif soit relativement uniforme.

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Sur cette photo, l’arbre à gauche, qui fait partie de l’espace négatif, permet de mesurer la taille de l’arbre étant le point focal de la photo. Wahou, il est grand. Le reste de l’espace négatif permet d’apprécier encore plus la majestuosité de l’arbre.C’est une belle composition qui joue avec la règle de l’espace négatif !

Par contre, pas de demi mesure. Soit on utilise beaucoup, beaucoup, beaucoup d’espace négatif, soit on part à la chasse à l’espace négatif et on le traque jusqu’à ce qu’il disparaisse ! L’entre deux est réservé aux phonéographes hyper amateurs !


Voilà pour ces premiers conseils. Lundi prochain, on termine cette vue d’ensemble des points importants en composition. Au programme, les cadres, l’utilisation des lignes, le mouvement et la symétrie. Encore plein de sujets passionnants et vraiment faciles à mettre en application sur votre smartphone.

Je ne saurais que vous conseiller de pratiquer les portraits pour mettre en pratique tous les points sur la composition que nous venons de creuser. Pas les selfies hein, les portraits.

Si l’article vous a plu, merci d’en parler autour de vous et d’utiliser le bouton de partage. Je surveille vos commentaires et la boite mail pour répondre à vos questions ou prendre en compte vos remarques.

Et pour la partie 2, c’est par ici !

Belle semaine !
Clément

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